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LE MÉTIER DU RAMASSAGE DE PALOURDES – FAUFILÉ PAR LES VENTS MARINS, PESANT PAR LA SURVIE

admin_mlifeon 31 décembre 2025 Partager
LE MÉTIER DU RAMASSAGE DE PALOURDES – FAUFILÉ PAR LES VENTS MARINS, PESANT PAR LA SURVIE

Le métier de ramassage des palourdes à Can Gio porte en lui le goût salé de la mer et la pénibilité du travail des habitants du littoral. Rejoignez MLifeOn pour explorer un aspect authentique de la vie sur les plaines maritimes : un quotidien rude et exigeant, mais empreint de résilience et d'une force tranquille.

Tout le monde n'a pas été témoin d'une véritable session de récolte de palourdes du début à la fin. Mais pour ceux qui vivent près de la plage de Can Gio, la vue de motos alignées sur le sable à l'aube est une scène familière. Même avant que le ciel ne s'éclaircisse suffisamment pour révéler un visage, des silhouettes en chemises décolorées et des charrettes en bois sont déjà éparpillées sur le rivage, comme si la mer avait simplement fait une courte sieste avant de commencer une autre journée laborieuse.

La récolte des palourdes - un travail qui semble simple mais pèse lourdement sur ceux qui l'exercent

À première vue, la récolte des palourdes ne semble pas compliquée : se rendre sur les estrans, traîner un râteau en acier sur le sable et collecter les palourdes dans un panier. Mais quiconque l'a vu de ses propres yeux ou a entendu les récits des habitants sait que cela demande bien plus que de la force physique. Cela requiert de l'expérience, de l'intuition et une capacité à « lire » la mer : ses couches de sable, ses marées, ses rythmes.

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Ce travail dépend entièrement des marées. Ce n'est que lorsque l'eau se retire que le lit de palourdes se révèle, et les travailleurs doivent profiter de chaque minute. Agissez rapidement et vous aurez des palourdes. Soyez trop lent et la mer monte, forçant tout le monde à plier bagage et à faire demi-tour.

Du rivage à la mer : là où commence la subsistance du jour

Sur les sites de récolte, la vue la plus familière est celle de rangées de vieilles motos couvertes de boue, équipées de paniers, de cordes et de charrettes en bois. Ce sont leurs « camions de transport » transportant les outils le matin et les gains de la journée l'après-midi.

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Depuis le rivage, les habitants chargent leurs outils sur de petites embarcations en bois, des radeaux de fortune ou des plateformes liées avec des bidons en plastique. Ces vaisseaux les emmènent plus loin, là où l'eau arrive aux genoux. Les bateaux sont petits, avec juste assez d'espace pour des sacs et quelques personnes, mais chacun devient un « mini camion de fret » sur la mer chaque matin.

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Le vrombissement des moteurs, le clapotis des pagaies, le bruit des vagues frappant doucement la coque - tout cela se fond dans la bande sonore familière d'un littoral laborieux.

Une matinée de récolte

Lorsque le bateau atteint le lit de palourdes, les travailleurs sautent dans l'eau sans hésitation. Leurs pantalons et chemises sont instantanément trempés. Le sable, sombre et mou, se déplace à chaque pas. Les femmes protègent leur visage avec des chapeaux ou des foulards humides contre le soleil, tandis que les hommes portent généralement une simple casquette fine. Dans leurs mains se trouve toujours un lourd râteau en acier.

Un coup de râteau fend le sable, raclant vers l'arrière avec un rythme saccadé. Parfois, ils se penchent pour ramasser les palourdes une par une ; d'autres fois, un panier entier remonte, brillant sous le soleil. Les travailleurs expérimentés peuvent simplement sentir le sable ou percevoir la mollesse du fond marin pour savoir exactement où se trouvent les palourdes.

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Derrière ces mouvements apparemment simples se cachent des difficultés tacites : des dos courbés, des mains calleuses, des jambes immergées pendant des heures, une peau brûlée par le soleil et le risque constant des marées montantes ou du sable mouvant.

Paniers pleins de palourdes, dos chargés

Une fois les paniers pleins, les travailleurs s'entraident pour charger la récolte sur le bateau. Les sacs lourds et imbibés d'eau de mer sont empilés sur les planches. Parfois, la prise n'est que de quelques dizaines de kilos. Les bons jours, elle peut atteindre des centaines. Mais rien de tout cela ne vient facilement.

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Certains passent une demi-journée et ne ramassent qu'une poignée de palourdes car les lits sont clairsemés. D'autres travaillent sans relâche et ne gagnent pourtant pas assez pour un repas décent. Ce métier est aussi imprévisible que les marées : plein aujourd'hui, vide demain ; abondant cette année, stérile la suivante.

Et pourtant, étrangement, sur ces estrans, la gentillesse l'emporte sur la difficulté. Si quelqu'un s'enfonce dans le sable, les autres se précipitent pour le sortir. Si quelqu'un s'aventure trop loin, un bateau à proximité vient le récupérer.

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Lorsqu'ils se reposent, les gens s'assoient ensemble et discutent de leurs enfants, de leurs récoltes, de leur vie. Les rires se mêlent au bruit des vagues, rendant la fatigue moins pesante.

Une mer rude, un gagne-pain incertain

Autrefois, les palourdes étaient abondantes et de nombreuses familles vivaient confortablement grâce à la mer. Mais ces dernières années, la surexploitation, les conditions météorologiques extrêmes et les changements environnementaux ont rendu ce commerce plus instable. De nombreuses zones forment désormais des coopératives pour gérer les lits de palourdes, en divisant les zones, en limitant la récolte libre et en protégeant la ressource.

Les jeunes s'engagent rarement dans ce métier aujourd'hui, non pas parce que la mer n'offre aucun espoir, mais parce que le travail exige une force physique immense tout en offrant peu de stabilité.

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Pourtant, pour ceux qui ont grandi avec le bruit des vagues, la récolte des palourdes reste un souvenir et une partie de la vie qu'il est difficile de laisser derrière soi.

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Conclusion

La récolte des palourdes est plus qu'un moyen de survie, c'est une histoire de résilience. Ces personnes aux chemises décolorées par le soleil, les pieds s'enfonçant dans le sable boueux et le dos courbé à chaque coup de râteau sont les symboles vivants de l'esprit travailleur du delta du Mékong.

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Le temps peut changer beaucoup de choses, mais l'image de la récolte des palourdes à marée basse restera à jamais un aperçu brut et honnête de la vie du Sud : humble, sans artifice, mais débordante de chaleur humaine.

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CRÉDITS :

- Photographie : Kien Trang

- Contenu : Hoài Hà

- Design : Trung Huynh