CE PRINTEMPS, VISITONS LA PAGODE THAY – UN CHEF-D'ŒUVRE DE PRÈS DE 1 000 ANS
Ni située au cœur de la ville animée, ni à proximité des centres urbains bruyants, la pagode Thay a choisi un cadre paisible au pied de la montagne Sai Son. Elle est assez proche pour une excursion d'une journée, tout en étant suffisamment éloignée pour détacher doucement les visiteurs du rythme précipité de la vie citadine.
Le printemps à Hanoï est la saison où l'on ralentit naturellement, lorsque l'on ressent le besoin de s'arrêter quelque part, de prendre une profonde inspiration et d'observer plus attentivement que d'habitude. Et la pagode Thay est un endroit particulièrement propice pour ce faire.

La pagode Thay – Un temple marqué par l'architecture « Bouddha devant, Saint derrière »
Construite sous la dynastie Ly, la pagode Thay est étroitement liée au Maître Zen Tu Dao Hanh, une figure d'une importance particulière dans l'histoire bouddhiste et les croyances populaires vietnamiennes. Après près de mille ans, la pagode a préservé son caractère ancien et contemplatif grâce à son style architectural distinctif « Bouddha devant, Saint derrière ».
Cette conception reflète une double dévotion : le culte du Bouddha associé à la vénération d'un Saint, profondément liée à la spiritualité populaire et à la vie du Maître Zen Tu Dao Hanh. Cette combinaison illustre vivement la vie spirituelle de la société vietnamienne ancienne, où le bouddhisme n'était pas séparé de la vie quotidienne, mais s'intégrait harmonieusement aux croyances locales et aux pratiques journalières.
C'est peut-être pour cette raison qu'entrer dans la pagode Thay ne semble jamais distant ou intimidant. Il n'est pas nécessaire d'avoir une connaissance approfondie des enseignements ou des rituels bouddhistes. Le simple fait de rester immobile un instant suffit souvent à apaiser l'esprit et à calmer le cœur.


Au pied de la montagne Sai Son, la pagode Thay trouve son calme
Nichée tranquillement à la base de la montagne Sai Son, la pagode Thay fait face au lac Long Tri à l'avant et s'appuie sur des collines rocheuses à l'arrière — une position idéale « dos à la montagne, face à l'eau », très prisée dans la philosophie d'Asie orientale. La montagne, l'eau et le temple s'unissent pour former un espace clos, doucement séparé du monde extérieur.

En fin d'après-midi, lorsque la lumière du soleil s'adoucit et que les visiteurs se font plus rares, l'enceinte du temple prend un calme inhabituellement profond. Il n'y a plus de clameur, seulement le léger bruissement du vent dans les cimes des arbres, l'écho feutré des pas sur la pierre ancienne. Les tuiles moussues et les escaliers usés par le temps deviennent plus visibles lorsqu'ils ne sont plus occultés par la foule.
À ce moment, la pagode Thay cesse d'être un site touristique ou un lieu de culte familier. Elle devient une pause — un intervalle silencieux où l'on peut s'arrêter, regarder autour de soi et se demander depuis combien de temps on ne s'était pas accordé un tel instant de quiétude.


Les détails qui donnent son âme à la pagode Thay
En s'aventurant plus profondément dans la pagode Thay, ce qui reste en mémoire n'est pas la grandeur, mais de petits détails imprégnés d'esprit. Le lac Long Tri se trouve juste devant le temple, sa surface calme reflétant les courbes douces des ponts Nhat Tien et Nguyet Tien. Ces deux ponts arqués semblent relier le monde terrestre au royaume spirituel — à la fois tangibles et oniriques.

Les couloirs de pierre longeant le temple, les marches usées et polies par d'innombrables pieds, les tuiles de toit superposées et recouvertes de mousse — rien ici ne semble neuf ou poli. Pourtant, c'est précisément cette qualité patinée qui crée un sentiment d'intimité et d'authenticité, comme si le lieu avait existé silencieusement pendant des siècles, témoin du passage des générations.

En restant ici, on réalise facilement que la pagode Thay ne cherche pas à impressionner. Tout existe naturellement, comme si le temple avait toujours été là et continuerait de l'être malgré le passage constant du temps.
Le printemps à la pagode Thay – Festivals, croyances et vie culturelle traditionnelle
Avec l'arrivée du printemps, la pagode Thay s'anime. Les gens viennent prier en ce début d'année, recherchant la paix, la santé et un chemin serein pour l'avenir. Certaines familles arrivent tôt le matin, tandis que de jeunes visiteurs s'y arrêtent pour capturer des instants de calme printanier.

La pagode est également étroitement associée au Festival de la pagode Thay, qui se tient au troisième mois lunaire. Cet événement annuel commémore le Maître Zen Tu Dao Hanh et propose des activités folkloriques traditionnelles, notamment des spectacles de marionnettes à l'eau au pavillon du lac Long Tri.
Malgré l'affluence accrue, la pagode Thay conserve son propre rythme. Les gens vont et viennent sans hâte ni bruit excessif. Peut-être l'espace ici est-il assez vaste pour accueillir à la fois la vivacité et la tranquillité, selon le moment et la manière dont chaque visiteur choisit de s'arrêter.
Conclusion
Au cœur d'un Hanoï toujours plus encombré et rapide, la pagode Thay continue de maintenir son rythme doux et imperturbable. Et par un après-midi de printemps, quand la lumière du soleil s'est adoucie, on peut flâner autour du lac, se tenir silencieusement au pied de la montagne Sai Son et réaliser :
Parfois, un instant de calme comme celui-ci est tout ce dont on a besoin pour se sentir plus léger intérieurement.
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CRÉDITS :
- Photographie : Luan Nguyen
- Contenu : Hoài Hà
- Design : Trung Huynh